Précédemment, j’ai eu l’occasion de vous parler de la famille Bodéré. À l’époque, je n’avais pas évoqué le registre d’écrou sur lequel se trouvent Marie-Jeanne et son cousin, Jean LE GOFF.

Petit rappel des faits : Marie-Jeanne BODERE et son cousin, Jean LE GOFF, sont suspectés d’avoir assassiné Bertrand BODERE, époux de Marie-Jeanne, mais aussi cousin germain des deux suspects…

Tout cela se passe à Penmarch, au début du mois d’octobre 1874.

Marie-Jeanne

Le 5 octobre 1874, le gendarme PRIZEC accompagne Marie-Jeanne BODERE à la maison d’arrêt de Quimper. Cela fait trois jours que son mari, Bertrand, et son petit garçon, Michel, six mois, sont morts.

Marie-Jeanne n’est pas bien grande, puisqu’elle mesure 1,49 m. Elle a la bouche et le nez moyens, les cheveux et les sourcils châtains, un menton rond, un front ordinaire, un visage ovale, le teint coloré et les yeux roux.

En plus de la description physique, il est inscrit sur le registre d’écrou la tenue de l’inculpée.

Lorsqu’elle arrive à la maison d’arrêt, Marie-Jeanne porte une coiffe, une chemise, un justin, une camisole, deux jupes, une paire de bas et une paire de sabots.

Le gendarme n’a bien sûr pas conduit Marie-Jeanne à la maison d’arrêt de son propre chef. Il l’a fait sur l’ordre du juge d’instruction. Celui-ci indique qu’elle y restera jusqu’à nouvel ordre.

Nous, juge d’instruction de l’arrondissement de Quimper (Finistère), mandons et ordonnons à tout huissier ou agent de la force publique de conduire à la maison d’arrêt de Quimper, en se conformant à la loi, la nommée Marie-Jeanne Bodéré, veuve Bodéré, âgée de 22 ans, cultivatrice, née et demeurant à Penmarch, inculpée d’assassinat, enjoignons au gardien de ladite maison d’arrêt de la recevoir et retenir jusqu’à nouvel ordre.

Fait le quatre octobre mil huit cent soixante-quatorze au bourg de Penmarch.

Marie-Jeanne reste à la maison d’arrêt jusqu’au 2 janvier 1875.

À cette date, elle est conduite à la maison de justice de Quimper, sur ordre du procureur, dans l’attente du procès.

Le 8 avril 1875, après deux audiences, Marie-Jeanne se voit condamnée à mort pour homicide volontaire. Cependant, le président de la République de l’époque, Patrice de Mac Mahon, commue cette peine en travaux forcés à perpétuité.

Le 29 mai 1875, Marie-Jeanne quitte Quimper pour la Maison centrale de Rennes. Elle y décède l’année suivante, le 29 août 1876.

Jean LE GOFF

Tout comme Marie-Jeanne, Jean arrive à la maison d’arrêt le 5 octobre 1874.

Il porte un chapeau, une chemise, une veste, un gilet, un pantalon, une paire de bas et une paire de sabots.

Jean mesure 1,70 m. Mise à part sa taille, il partage plusieurs caractéristiques physiques avec sa cousine. En effet, il a la bouche et le nez moyens, les cheveux et sourcils châtains, un menton rond, un front couvert, un visage ovale, le teint brun et les yeux roux.

Il reste lui aussi à la maison d’arrêt de Quimper jusqu’au 2 janvier 1876, date de son transfert à la maison de justice.

Contrairement à sa cousine, Jean bénéficie de circonstances atténuantes et le tribunal ne le condamne pas à mort. Il le condamne aux travaux forcés à perpétuité.

Le 2 mai 1875, Jean quitte Quimper pour la maison d’arrêt de La Rochelle. Le 5, il est conduit au bagne de Saint-Martin-de-Ré.

Jean est un jeune homme très bavard. À cause de cela, l’administration pénitentiaire le prive de nourriture ou de cantine à plusieurs reprises.

Le 1ᵉʳ septembre de la même année, Jean est de retour dans le Finistère. Il se trouve au port de Brest, d’où il embarque sur le Rhin. Après cinq mois de traversée, il arrive sur l’île Nou, en Nouvelle-Calédonie.

Il y meurt trente et un ans plus tard, le 24 avril 1907.


Article écrit dans le cadre du challenge Upro-G

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