Généalogie

Un divorce peut en cacher un autre

Et oui, un divorce, c’est comme le train, l’un peut en cacher un autre ! En amour, on ne sait jamais ce qui nous attend. On rencontre quelqu’un, on s’aime, on se marie, on fonde une famille… puis, parfois, plus rien ne va, et l’on se sépare. Il arrive parfois que l’on recommence, encore et encore. J’exagère bien sûr !

Voici l’exemple d’un sacré personnage, avec une vie amoureuse bien remplie, enfin presque.

Ce personnage, c’est Roger DUCRET, multimédaillé olympique en escrime, mais aussi multi-divorcé…

Roger et Jeanne, le premier divorce

Le 3 octobre 1910, Roger François DUCRET se présente chez Me MOREAU, notaire à Paris. Avec sa future épouse, Jeanne Antonine Roberte GOUËT, ils viennent établir un contrat de mariage.

Cinq jours plus tard, leur union civile est célébrée à la mairie du 9e arrondissement en présence de leurs parents et amis.

Leur union religieuse, quant à elle, a lieu en Seine-et-Marne, à l’église de Compans. Après la cérémonie, un lunch est proposé au château de Compans, propriété d’Émile LIZERAY, oncle de la jeune mariée.

Dix mois après leur mariage, le 8 août 1911, Roger et Jeanne deviennent les parents d’une petite Jacqueline Juliette.

Tout semble bien se passer pour le jeune couple. Mais le bonheur ne dure pas bien longtemps.

En effet, le 30 avril 1914, le Tribunal civil de la Seine prononce le divorce entre Roger et Jeanne, aux torts de Roger. Après cette première séparation, Roger, comme de nombreux hommes de son âge, part à la guerre. Il est mobilisé au 2e Régiment d’Artillerie Coloniale. Le 22 août 1914, Roger est fait prisonnier. Il reste au camp de Bayreuth jusqu’au 7 juillet 1918, date de son rapatriement.

Roger et Marie-Yvonne, le second divorce

Le 25 septembre 1919, la transcription du jugement de divorce est enfin inscrite sur les registres de mariage du 9e arrondissement.

Le 15 octobre suivant, Roger est présent chez Me CONSTANTIN. Il vient dresser un nouveau contrat de mariage. Sa fiancée, Marie-Yvonne MAILHOL, est bien évidemment présente.

Trois jours plus tard, Roger et Marie-Yvonne se marient à la mairie du 9e arrondissement.

Après deux ans de mariage, le 21 septembre 1921,  Marie-Yvonne met au monde une fille, prénommée Lucienne Hélène Simone.

À ce moment-là, tout semble réussir à Roger : il est certes divorcé une première fois, mais il s’est remarié et vient d’être papa pour la seconde fois. Sur le plan professionnel, tout va bien aussi. Il est représentant de commerce et collabore avec six journaux, dont le Figaro, en tant que journaliste. Côté sport, Roger rayonne. Après une médaille de bronze en individuel et une médaille d’argent en équipe en 1920, il devient quintuple médaillé aux J.O. de Paris en 1924.

En février 1926, il est également décoré de la croix de Chevalier de la Légion d’honneur. Que demander de mieux !

Six ans plus tard, le 5 mars 1932, il assiste au mariage de sa fille aînée, Jacqueline Juliette, avec Roger Jules VALLOTON, employé d’hôtel.

Mais sur le plan sentimental, plus rien ne va. Après quatorze ans de mariage, Roger et Marie-Yvonne divorcent. Le jugement est prononcé le 8 mai 1933. La raison ? Roger a trouvé une jeune compagne.

Roger et Ernestine, la troisième union

Deux mois après le jugement, le 12 juillet 1933, Roger se présente une nouvelle fois chez un notaire, Paul SIMON, pour établir un troisième contrat de mariage.

Le 18 juillet, il épouse Ernestine Marie PUJOL. L’union est célébrée à la mairie du 17e arrondissement de Paris.

À cette époque, Roger a quarante-cinq ans et Ernestine, vingt-neuf ans.

Mais Roger ne semble pas fait pour la vie de famille. Entre 1936 et 1937, il abandonne sa nouvelle épouse et sa fille Lucienne. Le Tribunal le condamne à 25 Fr. d’amendes.

Le 23 mars 1941, Lucienne épouse Charles WUNSCH, en l’absence de Roger. Celui-ci a simplement donné son consentement par écrit. Trois mois plus tard, Jacqueline, fille aînée de Roger, divorce, après neuf ans de mariage.

Roger et Simone, le grand amour ?

Après une vie amoureuse tumultueuse et une vie passée à Paris, sous le feu des projecteurs, Roger quitte la capitale.

Il se sépare d’Ernestine, sans jamais divorcer.

Roger se retire en Indre-et-Loire dans le courant des années 50. Là-bas, il vit paisiblement, loin du tumulte parisien. Il découvre le goût de la simplicité. Chaque jour, il prend plaisir à se balader aux alentours du moulin dans lequel il s’installe avec sa nouvelle compagne, Simone GRENE.

Sans pour autant s’être marié, ils sont restés ensemble jusqu’à ce que la mort les sépare. Roger s’éteint auprès de Simone le 10 janvier 1962. Il a soixante-treize ans. Après deux divorces et une séparation, Roger avait peut-être fini par trouver le grand amour ! Qui sait ?


Article écrit dans le cadre du challenge Upro-G

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