
Domestique
Dans nos arbres, nous avons au moins un ou une domestique.
Domestique est un terme vague. Lorsque l’on croise cette profession chez nos ancêtres, on pense en premier lieu aux petits jeunes (ou moins jeunes), qui travaillent à la ferme.
Un enfant, dès l’âge de douze ans, peut être employé. Il peut, par exemple, surveiller les animaux, les envoyer paitre, les rentrer à la ferme le soir …
Mais être domestique signifie bien plus que ça.
En 1878, l’Académie française parle d’un état de domestique et le définit ainsi :
État d’une personne qui sert, moyennant des gages, dans la maison d’une autre.
Vous l’aurez bien compris, un domestique est attaché à une maison et tous ses habitants. En général, il est nourri, logé, et reçoit un petit salaire. Et le travail n’est pas seulement agricole.
Voici l’histoire d’une domestique, qui, pendant une dizaine d’année, a servi la même personne.
Une vie en famille
Marie-Jeanne Perrine RANNOU voit le jour à Lampaul-Guimiliau (Finistère), le 15 octobre 1854, à huit heures du matin. Elle est la fille de Laurent, cultivateur, et d’Anne-Yvonne CREISMEAS.
Perrine est la quatrième enfant de la famille. Après elle, naissent quatre petites sœurs et quatre petits frère.
Au total, la fratrie se compose de :
- Alain Marie, né en 1849 ;
- Yves Marie, né en 1851 ;
- Marguerite Françoise, née en 1853 ;
- Marie Jeanne Perrine, née en 1854 ;
- Marie Jeanne Yvonne, née 1856 ;
- Maurice Marie, né en 1858 ;
- Marie Jeanne Françoise, née en 1859 ;
- Pierre Marie, en 1861 ;
- François Marie Pascal, né en 1863 ;
- Marie Catherine, née en 1864 ;
- Marie Angèle, née en 1866 ;
- Guillaume Marie, né en 1867.
Perrine grandit avec ses parents et une grande partie de ses frères et soeurs.
En 1868, le deuil frappe la famille.
Le 21 mai, Catherine meurt à l’âge de quatre ans. Tout juste un mois plus tard, le 23 juin, c’est la petite Angèle, deux ans, qui décède.
Le 16 février 1873 est un jour de fête. Ce jour-là, la sœur ainée de Perrine, Marguerite Françoise, qui vient d’avoir vingt ans, se marie.
La jeune fille épouse Yves MEUDEC, cultivateur, âgé de vingt-huit ans. Leur union est célébrée à Guimiliau, commune d’origine d’Yves.
Le 29 juin 1881, Guillaume, le petit dernier de la famille, meurt. Il a treize ans.
À cette époque, Perrine a vingt-sept ans. Elle vit avec ses parents et ses frères et sœurs célibataires. La famille reste soudée.
En 1889, Maurice et Pierre, tous deux instituteurs, se marient.
Le 21 janvier, Maurice, en présence de ses parents, épouse Marie-Françoise Étiennette POTIN, elle aussi institutrice. Le mariage a lieu à La Roche-Maurice.
Le 12 août, Pierre se marie à Cast. Ses parents ont également fait le déplacement. Pierre épouse Marie-Françoise LE MOAL, institutrice aussi.
En 1891, Perrine vit avec ses parents et ses frères et sœurs, y compris Maurice et Pierre, qui sont de passage, sans leurs épouses. Ils habitent au bourg de Lampaul.
Perrine semble être cultivatrice, tout comme le reste de la famille. Mais en réalité Yves est tanneur, et Maurice et Pierre sont instituteurs. L’agent recenseur ne s’est pas vraiment embêté ce jour-là !
Le 9 mai 1893, à onze heures du matin, Perrine à la douleur de perdre sa mère, Anne-Yvonne. Elle a soixante-sept ans.
Deux ans plus tard, le 21 mars 1895, c’est son père, Laurent, soixante-huit ans, qui meurt à son tour.
À partir de ce jour, la fratrie se sépare, enfin presque.
Dix ans de service
Après la mort de ses parents Perrine quitte Lampaul.
Elle se met au service de Paul Antoine JOUVE, recteur de Plounéour-Ménez. Au presbytère, Perrine est cuisinière.
En 1896, Perrine a quarante-deux ans. Au presbytère, elle vit avec le recteur, deux vicaires, François LAVIEC et Jean-Yves BIDEAU, et un second domestique, Jean BERNARD.
Cinq ans plus tard1, Perrine retrouve sa petite sœur, Marie-Jeanne Yvonne. Elle aussi cuisinière, elle est au service du recteur.
Mr JOUVE a un troisième domestique, Hervé MAGUET, jardinier.

Malheureusement, Perrine perd sa sœur en 1904. Marie-Jeanne Yvonne décède au presbytère le 15 octobre, à onze heures du soir. Elle a quarante-huit ans.
Le 6 juin 1905 est un jour important pour le recteur. Ce jour-là, il fête son jubilé. Cela fait maintenant 30 ans qu’il est en poste à Plounéour-Ménez.
Après les diverses célébrations, un repas est organisé au presbytère. Tous les membres du clergé venus à la fête, sont conviés.
Perrine a probablement eu énormément de travail ce jour-là.
Peut-être a-t-elle pu compter sur l’aide de sa sœur aînée, Marguerite Françoise ? Veuve depuis 1893, elle est présente au presbytère en 1906.
Cette année-là marque un tournant dans la vie de Perrine. Paul Antoine, âgé de soixante-seize ans, n’est plus en mesure d’assurer son office.
Il quitte Plounéour-Ménez, pour la maison de retraite des prêtres, à Saint-Pol-de-Léon.
Perrine a cinquante-deux ans. Avec Marguerite Françoise, elles reviennent vivre dans la commune qui les a vues naître, Lampaul-Guimiliau.
Le 29 juillet 1931, à cinq heures du matin, Perrine s’éteint à Lampaul. Elle a soixante-seize ans.
C’est son petit frère, Maurice, venu de Plounéour-Trez, qui déclare son décès.
Article écrit dans le cadre du challenge Upro-G
- Recensement 1901, Plounéour-Ménez, AD29, 6 M 627/6 ↩︎