Dans le courant des années 1860, Victor DURUY, alors ministre de l’Instruction publique, souhaite instaurer un certificat d’études.

Inquiet du niveau d’éducation, et surtout de l’analphabétisme, le ministre souhaite rendre ce certificat obligatoire. L’examen comprendrais des épreuves de lecture, d’écriture, d’orthographe et de calcul.

Malheureusement, l’Empereur, Napoléon III, n’est pas convaincu par cette idée de certificat.

Il faut attendre Jules Ferry et la loi du 28 mars 1882 pour que ce certificat devienne obligatoire.

Tous les élèves, aussi bien garçons que filles, peuvent se présenter à cet examen dès l’âge de onze ans.

Outre la fiche matricule, cet examen est un très bon moyen de connaître le niveau d’études d’un ancêtre.

Mais il peut aussi être un objet de frustration !

Francine Messager

Francine voit le jour le 17 août 1917, au Mengleuz, à Plounéour-Ménez. Elle est la fille d’Yves-Marie, cultivateur, âgé de quarante-neuf ans, et de Marie-Anne CROGUENNEC, cultivatrice, âgée de quarante-cinq ans.

Elle est la quatorzième et dernière enfant de la famille. Huit de ses frères et sœurs sont morts avant sa naissance.

Durant son enfance, Francine fréquente l’école du Relecq.

Le 29 juin 1931, Francine a treize ans. Avec une camarade de classe, Angélina QUEGUINER, elle s’apprête à passer le certificat d’études. Huit autres jeunes filles sont également présentes.

Ce jour-là, sept fillettes sont reçues à l’examen, dont Angélina, avec une note de 64 ¾.

Ce jour-là, une jeune fille est absente. Vous l’aurez compris, il s’agit de Francine. Et une question se pose. Pourquoi Francine ne s’est-elle pas présentée à l’examen du certificat d’études ? Je ne le saurai malheureusement jamais.

Cette promotion 1930-1931 du certificat d’études me frustre légèrement, car Francine est mon arrière-grand-mère. J’aurais voulu connaître son niveau d’études, mais malheureusement, elle a emporté son secret avec elle.

Ce n’est pas toujours facile, mais en tant que généalogiste professionnelle, j’ai l’habitude de vivre avec la frustration, cela fait partie du métier.


Article écrit dans le cadre des ateliers blog de CLG Formation-Recherches.

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