
La famille BODERE- Un crime prémédité
Le vendredi 2 octobre 1874, un meurtre est commis à Penmarc’h.
Un crime prémédité
Le mardi 29 septembre 1874, Bertrand et Marie-Jeanne se trouvent sur la place de Penmarch, devant un débit de boissons, face à l’église Saint-Nonna.

Place de Penmarc’h- AD29- 1 NUM 1/06833
Une fois de plus, les époux se disputent. Marie-Jeanne veut de l’argent, Bertrand refuse. Marie-Jeanne lance alors à son époux : Je paierai bien un litre d’eau-de-vie à celui qui te tuera.
Les personnes présentes sur la place ne tiennent pas compte des paroles de Marie-Jeanne. Bertrand, qui n’en est pas à sa première dispute conjugale, ne fait pas non plus attention à ce que dit son épouse.
Au matin du vendredi 2 octobre 1874, Bertrand se rend à l’auberge. Il y arrive vers huit heures et passe un accord avec le tenancier, Jean SEVEN, pour utiliser la maison à four afin d’y faire cuire son pain. L’accord passé, il va boire un verre.
L’heure suivante, Marie-Jeanne demande à son cousin Jean du sulfate de cuivre1 pour empoisonner les rongeurs qui s’attaquent aux récoltes.
À onze heures, Marie-Jeanne arrive à l’auberge. Elle y achète une livre de farine et indique qu’elle repassera dans la journée pour payer. Elle trouve son époux, qui boit depuis maintenant trois heures. Après une brève discussion avec Bertrand, elle quitte l’auberge et rentre chez elle.

Sur les coups de midi, Marie-Jeanne prépare des kouigns2. Elle garnit l’un d’eux de sulfate de cuivre…
À treize heures trente, Jean LE GOFF et sa belle-mère s’apprêtent à partir pour le Guilvinec. Ils doivent y déposer une charrette de chanvre. Marie-Jeanne profite de la voiture pour se faire déposer à l’auberge. Elle veut ramener son mari à la maison.
Cependant, Bertrand n’est pas là. Après une matinée à s’enivrer, il fait une petite sieste prêt de la maison à four.
Après avoir payé un verre d’eau-de-vie à Jean et sa belle-mère, Marie-Jeanne rentre chez elle, seule.
Le kouign empoisonné
Jean et sa belle-mère rentrent à Penmarc’h en fin d’après-midi. Marie-Jeanne demande alors à son cousin de l’accompagner à l’auberge pour ramener Bertrand à la maison. Ils arrivent sur place à dix-huit heures.
Marie-Jeanne profite de ce nouveau passage à l’auberge pour payer la farine achetée le matin. Elle offre à Bertrand, déjà ivre, et Jean un verre de cidre et d’eau-de-vie.
Trente minutes plus tard, les trois cousins sortent tranquillement de l’auberge et prennent le chemin de Keryaouen. Dans un état normal, il faut vingt à trente minutes pour faire le trajet.
Bertrand, complètement ivre, est supporté par son épouse et son cousin. Ceux-ci lui donnent alternativement des morceaux de kouign empoisonnés. Bertrand, qui n’a rien mangé de la journée, soule, ne sent pas le goût métallique du sulfate de cuivre. Sous l’emprise de l’alcool, il tombe à plusieurs reprises.
Il reste seulement 650m à parcourir. Bertrand tombe encore. Le poison ne fait pas effet. Marie-Jeanne, suivie de Jean, se saisit d’une pierre. Ensemble, ils fracassent la tête de leur époux et cousin. Malgré les violents coups qu’il reçoit, Bertrand continue de vivre.
Marie-Jeanne s’acharne sur son époux avec sa pierre. Elle martèle encore et encore la tête de Bertrand. Cela ne suffit pas, elle lui piétine alors le corps.
Bertrand monte encore des signes de vie. Jean et Marie-Jeanne lâchent leurs pierres et étranglent leur victime, qui rend son dernier souffle.
Alors qu’ils font les poches de Bertrand, Marie-Jeanne et Jean sont interrompus par l’arrivée d’une charrette. Ils s’enfuient à toutes jambes et rentrent chez eux.
De retour à Keryaouen, Jean va se coucher. Marie-Jeanne mange avec son fils ainé, Jean-Marie, et allaite le petit Michel, puis va se coucher.
C’est le dernier repas de Michel. À minuit, l’enfant, qui n’a pas encore six mois, meurt dans son berceau.
Le lendemain matin, le corps de Bertrand est découvert au bord de la route.
Quelle histoire passionnante ! J’attends la suite avec impatience !
Merci beaucoup Marina 😊
Quelle histoire, on a l’impression que ça n’arrivait que dans les romans du terroir. J’ai hâte de connaître la suite, je suppose qu’ils vont se faire prendre…
Et oui, ils se sont fait prendre très rapidement 🙂