En 1883, François BROCHEC, instituteur du Finistère Nord, reçoit une distinction de l’Éducation nationale. Durant plus de trente ans, il œuvre à l’instruction des petits Bretons.

Un instituteur en devenir

François BROCHEC voit le jour le dimanche 13 octobre 1833, à Plougoulm. Il est le fils de Joseph, cultivateur et de Marie TANGUY. François est le septième et dernier enfant de la famille.

Quatre mois plus tôt, le 28 juin 1833, la loi Guizot rend obligatoire l’école primaire pour les garçons, dans toutes les communes de plus de cinq cents habitants, et pour les filles, dans les communes de plus de huit cents habitants.

François grandit dans une commune qui compte 2460 habitants. Il a donc facilement accès à l’école.

En 1849, sa mère, couturière, réside à Brest. Elle y décède le 16 novembre de cette même année. François a seize ans.

Le 15 mars 1850, la loi Falloux (ou Loi relative à l’enseignement) est promulguée. Cette loi permet la liberté de l’enseignement dans le primaire et dans le secondaire.

L’article 25 indique qu’il faut avoir vingt-et-un ans pour enseigner partout en France, à condition d’être muni d’un brevet de capacité.

Pour obtenir ce brevet, il faut avoir effectué un stage d’au moins trois ans dans les écoles publiques et enseigner la lecture, l’écriture, le calcul ou toute autre matière de l’enseignement primaire comprise dans la loi.

À défaut de stage, le futur instituteur doit avoir un diplôme de bachelier, ou encore un certificat constatant qu’il a été admis dans une des écoles spéciales de l’État.

L’instituteur et le père de famille

François remplit au moins l’une de ces conditions, puisqu’en 1856, il est instituteur. Il a vingt-trois ans.

Son premier poste se trouve dans la petite commune de Saint-Eloy. Au 24 mai 1856, date du recensement, la commune compte 441 habitants.

Le 25 septembre suivant, François épouse Marie-Anne GOURIOU, couturière, âgée de vingt-sept ans.

Dix mois après leur union, le 28 juillet 1857, Marie-Anne met au monde une petite fille qui porte son prénom.

François reste instituteur à Saint-Eloy jusqu’en 1860. Il occupe ensuite cette fonction à Plouarzel.

Le lundi 22 avril 1861, François et Marie-Anne sont de passage à Saint-Renan. Ce jour-là, un garçon, Jean-Pierre, vient agrandir la famille.

Le 15 avril 1865, alors qu’il vient tout juste d’avoir quatre ans, Jean-Pierre décède.

L’année suivante, le 3 novembre 1866, un second garçon, Etienne Pierre Victor, vient au monde.

François quitte l’école de Plouarzel en 1867 et rejoint celle de Roscoff.

Roscoff- AD29- Cote 2 Fi 239/3

Le 26 janvier 1871, Marie-Anne donne naissance à son quatrième enfant. C’est un nouveau petit garçon, prénommé Auguste François Marie.

Le garçonnet décède, lui aussi, à l’âge de quatre ans, le 14 mars 1875.

Médaillé de l’Éducation nationale

Entre 1876 et 1881, François est affecté à l’école de Cléder.

Au début du mois de juin 1883, le Préfet du Finistère propose à Jules Ferry, alors Président du Conseil et Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, le nom de François, afin de lui remettre une distinction honorifique.

Cette proposition se fait tous les ans, dans le but de récompenser les instituteurs, les institutrices et les directrices de salles d’asile dans chaque département.

Le Ministre de l’Instruction publique fait son choix en fonction des recommandations du Préfet.

Le 10 juillet suivant, Jules Ferry accorde à François la médaille de bronze. Celle-ci se compose d’un médaillon et d’un ruban jaune et mauve.

Une distinction de l'Éduction nationale- Médaille de bronze

Au revers, le nom de l’instituteur est gravé, ainsi que l’année scolaire pour laquelle il la reçoit. Celle de François ressemble ainsi à ceci :

Reconstitution d'un revers de médaille de bronze

Bien qu’ayant reçu sa distinction en juillet, François doit attendre le mois de novembre pour recevoir sa médaille. Cette dernière arrive à la sous-préfecture de Morlaix le 22 novembre 1883.

Une fois sa distinction reçue, François, instituteur depuis trente ans, a le privilège de diriger l’école communale de Saint-Pol-de-Léon.

Au fil du temps, François transmet sa passion de l’enseignement à sa fille, Marie-Anne, qui devient à son tour institutrice.

Après plus de trente-quatre ans d’enseignements, François prend sa retraite de l’Éducation nationale et devient employé dans les assurances.

Son épouse, Marie-Anne GOURIOU, décède le 9 avril 1892 dans leur maison, sise Grand-Rue à Saint-Pol-de-Léon.

François lui survit quelques années, avant de s’éteindre à son tour, le 22 février 1900, à l’âge de soixante-six ans.

Il aura passé toute une vie à transmettre son savoir à des centaines d’élèves du Nord Finistère.


Article écrit dans le cadre du challenge Upro-G

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