En mars 1916, en plein Paris, une petite fille disparait alors qu’elle jouait devant sa maison. Qui est cette fillette dont la disparition est relatée dans la presse parisienne et que s’est-il passé ?

Émilienne POUSSEREAU

Émilienne POUSSEREAU vient au monde le 4 septembre 1911, à la Pitié-Salpêtrière. Elle est la fille d’Émile Edmé Louis, coiffeur, âgé de vingt-sept ans, et d’Henriette COURBAYRE, couturière, âgée de vingt-neuf.

La petite Émilienne porte le prénom de sa défunte sœur, née en septembre 1909 et décédée en février 1910.

Elle a un grand frère, Jean, de quatre ans son aîné.

La famille vit au 28 de la rue des Fossés-Saint-Bernard, dans le 5ᵉ arrondissement1.

Lorsque la guerre éclate, son père, Émile, ne part pas au front. Atteint de surdité bilatérale, il est détaché à l’usine Citroën.

Ainsi, la petite Émilienne, dite Mimi, et son frère Jean ont la chance de retrouver leur père tous les soirs.

Après sa sieste, vers l’âge de trois ans et demi/quatre ans, Mimi prend l’habitude de jouer devant sa maison, avec les autres enfants de sa rue.

Lorsque son frère Jean rentre de l’école à seize heures trente, Émilienne remonte avec lui pour prendre son goûter.

Chacun sait à quel point le goûter est sacré pour les enfants (et les plus grands !).

Le mercredi 16 mars 1916, quinze heures, Émilienne s’apprête à aller jouer dans la rue. Mais avant, sa mère l’habille d’un paletot de velours bleu marine, d’un jupon de laine marron, d’un petit pantalon en toile rouge et des bottines jaunes.

La fillette est alors prête à partir à l’aventure et à se plonger dans son univers d’enfant.

Voilà presque une heure trente qu’elle joue dans la rue. Il est seize heures trente, et son frère vient de rentrer de l’école.

Trop prise dans son jeu, Mimi ne fait pas attention à lui.

Mais ce jour-là …

La disparition

Ce jour-là, Émilienne ne remonte pas.

Pour l’heure, Henriette ne s’inquiète pas.

Mon fils revint seul. Je n’en fus pas autrement surprise, croyant simplement qu’Émilienne, dans l’action du feu, n’avait pas aperçu son frère.

Il est dix-sept heures et l’inquiétude gagne Henriette. Elle descend pour chercher sa fille, mais ne la voit pas. Elle se rend chez les voisins et les commerçants de la rue, en vain.

Une fillette affirme avoir croisé Émilienne vers dix-neuf heures, devant la boulangerie, mais n’en dit pas plus.

Henriette rentre chez elle, dévastée. Elle doit annoncer à son mari que leur petite Mimi, quatre ans et demi, a disparu.

La police est aussitôt prévenue. Le couple s’apprête à passer une nuit d’angoisse.

Le lendemain, son signalement est donné dans Le Petit Parisien et la police débute les recherches par les Halles aux vins. Émilienne s’y rend parfois avec son frère, Jean.

Les chiens cherchent partout, mais aucune trace de fillette.

Le 18, soit deux jours après la disparition, Le Petit Parisien diffuse le portrait de la petite Mimi.2

19 mars. Voilà trois jours que Mimi a disparu. Les parents, la police et la presse commencent à craindre le pire.

La petite Émilienne a-t-elle été assassinée ?3

Fin des recherches

Lorsque le dimanche 19 mars, le Petit Parisien publie cet article, il ignore ce qu’il est arrivé à Mimi.

Ce dimanche, vers vingt-trois heures, Émilienne est retrouvée. Que s’est-il passé ?

Le jour de sa disparition, la petite Mimi, prise par son jeu, s’est avancée jusqu’au Jardin des Plantes. Le Jardin se trouve à 800 m de sa rue.

Vers cinq heures, une jeune femme, Louise GUILLOT, vingt-quatre ans, trouve Émilienne dans le Jardin. Mimi lui aurait dit qu’elle n’a pas de parents.

Louise se rend chez son amant, Pierre HUIARD, quarante-deux ans. Celui-ci lui conseille de conduire l’enfant au commissariat. Louise refuse et garde Émilienne avec elle.

Durant quatre jours, Louise garde Mimi. Cependant, le dimanche soir, elle décide de l’abandonner sur le parvis de Notre-Dame.

Ce soir-là, vers vingt-trois heures, une femme, avec ses quatre enfants, aperçoit une femme qui semble fuir et une enfant qui crie derrière elle.

Trouvant la scène étrange, Mme LEPAYE et ses enfants rejoignent la femme. Après quelques échanges, ils arrivent à la convaincre de les suivre au poste le plus proche.

Une fois sur place, le commissaire est convaincu que l’enfant n’est autre que la petite Émilienne POUSSEREAU. À vingt-trois heures trente, le commissaire prévient les parents.

Louise, coutumière du fait, a par le passé tenté d’enlever deux autres enfants. Elle ne semble pas posséder toutes ses facultés mentales, mais n’est pas dangereuse.

Le jour même, Mimi retrouve ses parents. Elle est saine et sauve et n’a subi aucune violence.


  1. Cartorum- © p-de-la-peraudiere ↩︎
  2. Portrait retravaillé avec l’I.A à partir de la photo original ↩︎
  3. Article issu du Petit Parisien– Retronews- ©BnF ↩︎

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