
La signature
La signature, nous l’apposons presque partout : sur notre pièce d’identité, à la banque, chez le notaire… . Et nos ancêtres, savaient-ils signer ?
Les hommes et leur signature
« A déclaré savoir le faire » ou au contraire « a déclaré ne savoir le faire« .
Si vous lisez attentivement les actes que vos ancêtres ont laissés derrière eux, vous avez très probablement croisé ces phrases.
Elles indiquent tout simplement si les personnes savaient ou non signer.
Il est aisé de savoir si un homme savait signer ou non car ils apparaissent dans tous les documents d’archives, à quelques exceptions près.
Tout d’abord, il y a les archives militaires. Grâce aux degrés d’instruction, il est facile de savoir si, dans sa jeunesse, votre aïeul a appris ou non à écrire.
Par exemple, mon Sosa 18, Jules Arthur FLEURIOT, avait un degré d’instruction de 0. Cela signifie qu’il ne savait ni lire ni écrire1.

À l’inverse, un degré 3 aurait signifié qu’il savait lire et écrire, et reçu un enseignement primaire
Degré 0, mais mon ancêtre sait signer ? Oui, c’est possible. L’écriture, ça s’apprend à tout âge.
Votre ancêtre ne sait pas signer lors de son service militaire, mais sait le faire lors de son mariage ou de la naissance de ses enfants. Cela signifie qu’il a appris à le faire.
Il s’est peut-être exercé avec des camarades au service, avec des membres sa famille, des amis ou pourquoi pas sa femme.
J’ignore comment son apprentissage s’est fait, mais Jules Arthur savait signer au moment de son mariage, de façon très distincte.

Autres documents, sûrement les plus consultés, les actes d’état civil car ils sont tout le temps témoins. Enfin, ils y sont surtout obligés par l’article 37 du Code civil et ce jusqu’en 1897.
Les témoins produits aux actes de l’état civil ne pourront être que du sexe masculin, âgés de vingt-un ans au moins, parents ou autres; et ils seront choisis par les personnes intéressées.
Une fois que l’acte est rédigé, l’officier de l’état civil indique si le déclarant et les témoins savent ou non signer.
Cette capacité évolue aussi avec le temps. Si votre aïeul sait signer dans sa jeunesse, il ne sait peut-être plus le faire à la fin de sa vie.
Et je pourrais rajouter de nombreux exemples : chez le notaire, le juge de paix …
La signature des femmes
La signature des femmes est plus rare dans les archives que nous consultons puisqu’avant 1897, elles n’avaientpas le droit d’être témoins dans les actes d’état civil.
Il y a tout de même des exceptions, à commencer par le baptême. L’enfant ayant un parrain et une marraine. Certaines d’entre elles savent parfaitement signer.
C’est le cas, par exemple, de Marie CORRE, qui signe en juin 1730 l’acte de baptême de Marie NICOLAS, ma Sosa 399.

Mais l’acte qui vous donnera le plus facilement l’information, c’est l’acte de mariage. C’est souvent lors de cette occasion que l’on peut apercevoir la signature de nos aïeules. Elles peuvent aussi le faire pour le mariage de leurs enfants.
Bien sûr, tout comme pour les hommes, on peut trouver la signature des femmes chez le notaire ou le juge de paix. Dans les deux cas, il vous faudra tout de même dépouiller des liasses et des liasses d’actes.
À quoi ça sert ?
C’est une question que l’on m’a posée. À quoi ça sert de savoir si oui ou non nos ancêtres savaient signer ?
Premier avantage : en tant que généalogiste, on est toujours content de trouver la griffe de nos ancêtres, n’est-ce pas ? Vous, je ne sais pas, mais moi j’adore !
Mais le plus important : la signature nous permet d’identifier les personnes quand il y a des homonymes, vivant à la même époque, et c’est bien pratique.
Voici les signatures de Guillaume et Guillaume CHEVALIER, père et fils. Trouvées la première fois sur l’acte de mariage du fils, il a fallu croiser avec l’acte de baptême de ce dernier pour distinguer leurs signatures. Ainsi, Guillaume CHEVALIER père signe de son prénom et son nom et Guillaume CHAVLIER fils, de son prénom abrégé et de son nom.


La signature électronique
Tout comme nos ancêtres, hommes ou femmes, nous signons.
De façon générale, les hommes signent encore les actes de naissance de leurs enfants, quand ils en font la déclaration. Et il est toujours rare de voir la signature de la mère apparaître.
Pour les autres documents, les deux signatures apparaissent : lors d’un acte d’achat ou de vente chez le notaire, l’ouverture d’un compte à la banque, le renouvellement de notre pièce d’identité, les listes électorales, un devis…
Cependant, cette signature se fait de plus en plus de manière électronique. Un clic sur un bouton, et voilà, nous certifions qu’il s’agit bien de nous et le document est signé, sans notre réelle signature…
Alors, avec la signature électronique, quelles traces allons-nous laisser aux futures générations de généalogistes ?
Article écrit dans le cadre du challenge Upro-G
- AD51- 1 R 1165 ↩︎
très intéressant….
Très bel article. Bravo Noëline.