
La vêture
La vêture, ou la prise d’habit, est une cérémonie importante dans la vie d’un ou d’une religieuse. Celle-ci a lieu une première fois, lorsque les religieux entrent en noviciat, puis lorsque ceux-ci prononcent leurs vœux de façon définitive.
Pour résumer, voici le parcours pour devenir religieux.

Le 2 juin 1772, Marie-Anne FOLLIC, dite de Saint-Dominique, prononce ses vœux définitifs. Son acte de profession résume une grande partie de son parcours. Mais avant …
La vie civile
La petite Marie-Anne voit le jour à Primelin1 le 21 avril 1746. Elle est la fille d’Yves, notable, et d’Éléonore POULHAZAN. Le jour même, elle est baptisée. Son parrain est François FOLLIC et sa marraine Marie FOLLIC.

Marie-Anne a une sœur aînée, Jeanne, née le 19 février 1743.
Deux ans plus tard, le 15 juin 1748, naît Marguerite. Malheureusement, la petite fille vit seulement deux mois. Elle meurt le 27 août suivant.
Le 11 mars 1751, une nouvelle fillette vient agrandir la famille. Elle est prénommée Éléonore.
Le 16 novembre 1754, un petit Yves voit le jour. Il est l’unique garçon de la fratrie. Tout comme Marie-Anne, celui-ci choisira la voie de la religion, et deviendra prêtre.
Ainsi, Marie-Anne grandit entourée de ses parents, de ses sœurs et de son frère.
Elle connait également ses deux grands-pères, Yves FOLLIC (décédé en 1758) et Guillaume POULHAZAN (décédé en 1759).
Marie-Anne a aussi de nombreux cousins et cousines, dont au moins deux seront aussi prêtres : Guillaume et Jean DAGORN.
L’engagement religieux semble être une affaire de famille !
La vie religieuse
Alors qu’elle a une vingtaine d’années (ou bien avant), Marie-Anne entre au couvent des Ursulines à Pont-Croix. Fondé au XVIIᵉ siècle, celui-ci sert avant tout d’école, aussi bien pour les pensionnaires que pour les élèves extérieures à la ville.
Se trouvant à une dizaine de kilomètres de Primelin, il se peut (simple hypothèse), que Marie-Anne ait fréquenté le monastère durant son enfance.
Le 9 juillet 1769, Marie-Anne entre officiellement en noviciat au monastère des Ursulines, avec l’autorisation de l’illustrissime et révérendissime Auguste François Annibal de Farcy de Cuillé. Ce dernier est évêque depuis 1739.
La cérémonie de la vêture a lieu le 8 janvier 1770. Marie-Anne FOLLIC devient ainsi Sœur Marie-Anne dite de Saint-Dominique. À ce moment-là, elle porte un voile blanc.
Les sœurs converses (vaut aussi pour les frères) sont principalement tournées vers les tâches matérielles et manuelles du monastère.
Deux ans plus tard, le 2 juin 1772, Marie-Anne prononce ses vœux, de façon définitive2.
Ce jour-là, la Mère supérieure du monastère du Pont-Croix est présente, mais aussi ses cousins, Guillaume et Jean DAGORN, et son petit frère, Yves, désormais curé.

Le neuvième juillet mil sept cent soixante neuf, Sœur Marie-Anne Follic, dite de Saint-Dominique, âgée de vingt-trois ans, neuf mois et dix jours, fille légitime d’honorable homme Yves Follic et d’honorable femme Eléonore Poulazan son épouse, de la paroisse de Primelin, entra au noviciat de notre monastère de Sainte-Ursule avec la permission de mon seigneur l’illustrissime et révérendissime Auguste François Annibal de Farcy de Cuillé, évêque et comte de Cornouaille, a été reçue le dixième décembre par voix de suffrage et a reçue l’habit de religion en qualité de sœur converse le huitième janvier mil sept cent septante (70) en l’église de notre monastère de Pont-Croix, fait les deux années de noviciat a été reçue par voix de suffrage le vingtième octobre mil sept cent septante un (71), et après avoir été retardé cinq mois moins dix jours, a fait sa profession et prononcé ses vœux le deux de juin de l’an mil sept cent septante deux (72), en présence de noble et discret messire Jean Dagorn, curé de Châteaulin, député de mon dit seigneur et en présence de la révérende mère Sœur Jeanne-Yvonne Duhaffont de Saint-Louis, supérieure et des autres religieuses professes et de plusieurs messieurs ecclésiastiques assistant et autres témoins, fait le deux juin mil sept cent septetante deux.
En 1790, Marie-Anne fait partie des dix sœurs professes converses que compte le monastère.
Avec la Révolution, vient petit à petit la vente des biens nationaux, dont font à présent partie les biens de l’Église. Les sœurs sont contraintes de quitter le monastère.
À la fin de l’année 1793, il ne reste plus qu’une vingtaine de sœurs. Dans un premier temps, elles restent à Pont-Croix pour continuer l’enseignement, mais aussi pour s’occuper des malades, des indigents et des vieillards.
Au fil du temps, Marie-Anne se retire de la vie religieuse et prend sa retraite. Elle s’installe au bourg de Moëlan-sur-Mer.
Elle y décède le 8 novembre 1810.
Article écrit dans le cadre du challenge Upro-G