
Le Puy du Fou
Le Puy du Fou. Vous avez forcément entendu parler de ce célèbre parc d’attraction vendéen. Peut-être même que vous le visitez régulièrement et que vous connaissez toutes les allées par cœur. Nul besoin pour vous d’utiliser la carte pour déambuler dans les chemins ombragés et fleuris.
J’ai récemment eu l’occasion d’y aller et me suis laissé emporter par les histoires que l’on y raconte (en faisant abstraction des raccourcis historiques), et éblouir par les performances artistiques.
Mais, déformation professionnelle oblige, je ne peux pas m’empêcher de vérifier si, oui ou non, certaines histoires sont vraies. Avec une première question : le Puy du Fou existait-il avant qu’il ne devienne LE Puy du Fou ?
Le Puy du Four
Mon premier réflexe est, en rentrant, de prendre la carte de Cassini1, la première établie à l’échelle du Royaume de France entre 1756 et 1815.
Direction les Épesses et quelle ne fut pas ma surprise en voyant apparaître le Puy du Four !

Vient ensuite la consultation des registres paroissiaux. Bien qu’ils soient conservés pour la commune depuis 1737, les lieux d’habitations n’y sont pas indiqués, sauf pour les personnes importantes.
C’est ainsi que je trouve une première mention du Puy du Fou en 1737. Elle figure sur l’acte de baptême de Gabrielle JEANNAU, fille de Pierre, procureur fiscal de la baronnerie du lieu et de Marie RIGAUDEAU2.
Son parrain est Calman OLOGHLIN, prêtre et chapelain du lieu, demeurant à Paris.

La charge de procureur fiscal du Puy du Fou passe ensuite à Pierre BARRION. Celui-ci se marie avec Perrine Françoise JEANNEAU (sœur de Gabrielle), le 1ᵉʳ juillet 1744.
Et ainsi de suite jusqu’à la Révolution.
Le château
Si vous avez eu l’occasion de vous rendre dans le parc, vous avez sans doute remarqué les décors, parfois très impressionnants.
La plupart d’entre eux sont bien sûr des constructions récentes. Mais comme je suis curieuse, j’ai voulu savoir si le château avait bel et bien existé (ce dont je ne doutais pas vraiment, puisqu’il est classé aux Monuments Historiques).
En théorie, un château se voit assez facilement sur une carte ou un plan. Je décide donc de consulter le cadastre3.

Et bien sûr, l’état de section, datée de 1840, dans laquelle apparaissent les ruines du château. Le lieu appartient à la veuve DEBELBEUF, l’une des nombreuses propriétaires4.

Je ne referai pas l’histoire du château ici, mais vous trouverez de multiples informations sur le net et sur le site de la commune des Épesses.
Les habitants
Parmi les nombreuses questions qui défilent dans ma tête, il y en a une pour laquelle je voulais avoir une réponse rapidement.
Et les MAUPILLIER dans tout ça ?
Eh bien ! Eux aussi sont bien réels (même si je suis déçue de ne pas avoir croisé de p’tit Jacques).
Je trouve leur trace pour la première fois en 1809, avec la naissance de René Prosper le 18 décembre. Il est la fils de Jean-Baptiste Armand, garde particulier du château du lieu (et non propriétaire), et de Marie-Renée GREGOIRE. Ils sont tous deux originaires de Mortagne-sur-Sèvre5.

Six petits MAUPILLIER verront le jour au Puy du Fou après lui.
Ils représentent la seule famille MAUPILLIER à avoir réellement vécu au Puy du Fou.
Ils quittent le lieu entre 1846 et 1851.
Bien sûr, ils ne sont pas les seuls habitants. Parmi eux se trouvent la famille de François BEIGNON. Celui-ci reprend la fonction de garde après le départ des MAUPILLIER.
Des familles se succèdent ainsi jusqu’à ce que le Puy du Fou soit vendu en 1977 au Conseil général de la Vendée.
La même année, a lieu la première Cinéscénie, avec pour toile de fond, les ruines du château6.

Si vous avez l’occasion de vous rendre dans le parc, voilà au moins trois questions que vous n’aurez plus besoin de vous poser.
- Carte de Cassini- Geoportail- ©IGN ↩︎
- Acte de naissance de Gabrielle JEANNEAU- Les Épesses- AD85-AD2E082/1 ↩︎
- Cadastre napoléonien- Les Épesses- AD85- 3 P 082/26 ↩︎
- État de section- Les Épesses- AD85- 3 P 910 ↩︎
- Acte de naissance de René Prosper MAUPILLIER- Les Épesses- AD85- AD2E082/4 ↩︎
- Carte postale- Généanet- ©Michelvendee ↩︎
Article écrit dans le cadre des ateliers blog de CLG Formation-Recherches.
Merci Noëline pour ces réponses aux questions pertinentes que tu te posais.
Merci Catherine