
Marie-Yvonne CRESTEY
Marie-Yvonne CRESTEY, jeune fille d’une santé fragile, passe une grande partie de sa vie à l’hospice.
Un abandon contraint
Marie-Yvonne CRESTEY vient au monde à Roscoff, le 25 juillet 1875. Elle est la fille de Bienaimé Jean-François, pêcheur, âgé de trente-huit ans, et d’Anne COAT, ménagère, âgée de vingt-huit ans.
Elle est la quatrième et dernière enfant de la famille.
La petite fille naît avec un rachitisme. Cela signifie que son organisme n’est pas capable de produire suffisamment de calcium et de phosphate, nécessaires à la bonne croissance des os.

En grandissant, Marie-Yvonne développe une scoliose et devient peu à peu infirme.
Très tôt, la fillette doit faire face au deuil. Elle a tout juste deux ans et demi au décès de sa mère. Anne s’éteint le 15 mars 1878, deux mois avant son trente-et-unième anniversaire.
Veuf avec quatre jeunes enfants, Bienaimé n’est plus en mesure de s’occuper de sa fille, malade. Il est alors contraint de la placer à l’hospice de Roscoff.
Malgré un remariage en 1881, Bienaimé ne récupère pas la petite Marie-Yvonne. Lors du recensement, elle est présente à l’hospice en tant qu’enfant assistée.

À l’âge de huit ans, Marie-Yvonne fait une nouvelle fois face au deuil. Son père meurt le 27 septembre 1883. Il aurait fêté son quarante-septième anniversaire cinq jours plus tard.
Au décès de son père, la jeune Marie-Yvonne quitte l’hospice de Roscoff pour être conduite à celui de Morlaix.
Une vie à l’hospice
Marie-Yvonne entre à l’hospice de Morlaix le 10 décembre 1883. Son frère, Hippolyte, de deux ans son ainé, est également présent.
La fillette, bossue, reste à l’hospice, contrairement aux enfants de « bonne constitution », qui sont placés dans des familles nourricières.

© Archives municipales de Morlaix
Trois années plus tard, Marie-Yvonne a onze ans. Elle est théoriquement en âge de travailler en tant que domestique. Elle quitte l’hospice et entre au service d’une famille à Plouigneau.
Cependant, ce placement est de courte durée. Le 23 novembre 1886, elle est de retour à l’hospice.
Tous les enfants placés reçoivent régulièrement la visite d’un inspecteur. Celle-ci se fait à l’hospice ou dans la famille nourricière. Elle a pour but d’évaluer la santé des enfants.
En 1890, la jeune fille est examinée par l’inspecteur. Celui-ci note :
Infirme- Atteinte de scoliose par rachitisme- Incapable de rendre aucun service même dans l’établissement
De son point de vue, Marie-Yvonne n’est pas capable de travailler.
L’état de santé de la jeune fille ne s’améliore pas. En 1893, l’année de ses dix-huit ans, elle est atteinte de scrofule (tuberculose ganglionnaire). Cette maladie entraîne une inflammation des ganglions lymphatiques. Elle aussi connue sous le nom d’écrouelles.

Marie-Yvonne survit à cette infection, même si plus aucune information ne figure dans son dossier.
Marie-Yvonne ne quittera jamais ce lieu qui l’a vu grandir. Elle y décède à l’âge de vingt-et-un ans, le 6 janvier 1897. Deux commis de l’établissement déclarent sa mort.
Ainsi se termine la courte vie de Marie-Yvonne, qui n’aura que très peu connu la vie en famille.
Article rédigé dans le cadre des ateliers blog de CLG Formation-Recherches en 2023.
Article réécrit dans le cadre du challenge UPro-G en 2025.
Quelle vie pour cette pauvre Marie Yvonne…. Tant de souffrance.
Son acte de décès nous apprend néanmoins qu’elle était couturière! Peut-être avait-elle pu quand même apprendre un métier!
Ce document nous indique également que son père est vivant (?!) La précision de l’état civil parfois…
Pour le métier, je pense qu’elle était couturière pour l’hospice. Elle est décédée Quartier du Château, comme beaucoup de personnes qui sont passées par l’hospice.
Les officiers n’étaient parfois pas très précis en effet. J’ai aussi eu le cas de parents décédés, et pourtant toujours vivants 🙄
Histoire bien émouvante. Merci. On a effectivement envie que l’hospice ait outrepassé l’avis négatif de l’inspecteur et confié à Marie-Yvonne quelques tâches. Sinon, sa vie aura été bien désespérante.
Merci Régis 🙂
Sa courte vie a été bien malheureuse 😔
Belle et triste histoire. Très bien écrit et illustré. J’adore aussi le design et logo de votre site. Bravo !
Merci beaucoup Olivier 😃
Article émouvant et triste, on aimerait savoir ce que ses frères et soeurs sont devenus, et comme Olivier je trouve le design du site trés réussi.
Merci Philippe 😀
Pour ses frères, j’ai perdu de vue son ainé, Jean-Baptiste Gabriel. Jules Bienaimé Auguste s’est marié en 1901 et décédé en 1937. Hippolyte s’est marié en 1899 et décédé en 1951. 🙂
Très bel article sur une courte vie bien malheureuse. J’aime beaucoup le design du contour des photos un peu en arrondi.
Merci Magali 🙂
Oui, sa vie n’a pas été très heureuse
Triste et bien courte vie pour Marie-Yvonne 🙁
Je débute prochainement le cours à propos de l’enfance en généalogie,
J’espère trouvé de belles histoires à rédiger,
Merci Noëline d’avoir partagé ta rencontre avec la jeune Crestey
Oui, triste vie pour Marie-Yvonne.
J’ai fait ce module il y a bien longtemps, mais son histoire reste toujours dans un coin de ma tête.