
Le testament
Dans certaines familles, le testament peut être un sujet sensible, voire fâcheux pour certains.
Mais en généalogie, le testament peut se révéler être une véritable mine d’or. D’autant plus qu’il n’est pas nécessaire d’être riche pour en établir un.
Il révèle les liens personnels que le défunt entretenait avec les membres de sa famille, proches ou non, ses amis…
Qu’est-ce qu’un testament ?
A priori, tout le monde sait ce qu’est un testament. Mais une petite définition ne peut pas faire de mal.
Le testament est l’acte dans lequel on rédige nos dernières volontés : qu’est-ce que l’on laisse et à qui : la totalité des biens à une personne ou à plusieurs, un objet en particulier que l’on veut léguer à quelqu’un…
Il en existe trois types.
Le premier, le plus connu, est celui que l’on fait établir par un notaire, directement dans son étude ou au domicile de la personne si elle ne peut se déplacer. Des témoins doivent également être présents.
Avant que le testateur ne donne ses dernières volontés, le notaire s’assure qu’il est sain d’esprit, autrement dit, qu’il possède toutes ses facultés mentales.
Une fois que les dernières volontés sont couchées sur le papier, le notaire, le testateur et les témoins signent l’acte, s’ils savent le faire.
Ensuite, il y a le testament olographe. Celui-ci est très simple à faire. Il est directement écrit par le testateur et a la même valeur que celui réalisé chez le notaire. La personne qui le rédige doit le dater et le signer.
Ainsi, chacun peut, à tout moment, écrire le sien, sans le faire enregistrer chez le notaire.
Enfin, il y a le testament mystique. Je vous rassure, rien de spirituel là-dedans.
Le testament mystique est, tout comme l’olographe, écrit par la main du testateur, ou d’une personne de son choix. Mis à part eux, personne, en principe, n’en connait le contenu.
Une fois prêt, il est déposé chez le notaire. Ce dernier, devant témoins, scelle le testament. Ainsi, personne ne peut y toucher. Le sceau sera brisé lors de la succession.
Le testament de François PAUGAM
François PAUGAM vient au monde le 28 février 1819, à Landivisiau, dans le Finistère. Il est le fils d’Yves, cultivateur, âgé de trente-cinq ans, et de Marie PAPE, âgée de trente-deux ans.
Il est le quatrième enfant d’une fratrie de huit. François n’a que deux sœurs, Catherine, l’aînée, et Barbe, la benjamine.
François a seize ans au décès de sa mère, le 20 décembre 1835.
Le 21 juin 1840, François est un tout jeune homme de vingt-et-un ans. Ce jour-là, il est témoin au second mariage de sa sœur, Catherine, avec Yves PICHON.
Le couple n’a qu’une fille, Marie Mathurine, née le 24 décembre 1847.
La petite sœur de François, Barbe, se marie le 13 juin 1851, avec Hervé GESTIN. Ensemble, ils ont deux enfants, Yves et Marie.
Leur père meurt deux ans plus tard, le 12 mai 1853.
François, lui, reste célibataire. Il n’a pas non plus d’enfant.
Il reste toute sa vie à Landivisiau, entouré de sa famille.
Le 20 septembre 1902, François a quatre-vingt-trois ans. Il sent que son heure approche. Il décide alors de rédiger son testament.
Sa main est tremblante et l’écriture n’est pas sûre.
Dans son testament, François fait un legs de 1 000 francs à Jeanne CORRE. Jeanne est sa petite-nièce, petite-fille de sa sœur Barbe. Le reste de sa succession revient à Jean-Marie CORRE, son légataire universel et père de Jeanne, et à sa nièce, Marie Mathurine.

Je sousigné François Paugam, sein de corp et d’espris ait fait les dispotions testementaires souivante, après ma mort, je donne a ma petite nièce Jeanne Corre, la some de mil danc et le reste qui appartient entre Jean-Marie Corre et ma niese, Marie Pichon.
Je soussigné François Paugam, sain de corps et d’esprit, ai fait les dispositions testamentaires suivantes, après ma mort, je donne à ma petite-nièce Jeanne Corre, la somme de mille francs et le reste qui appartient entre Jean-Marie Corre et ma nièce, Marie Pichon.
AD29- 4 E 103/140
François s’éteint quelques mois plus tard, le 31 mai 1903. Le mois suivant, son testament est déposé chez Me Queinnec, notaire à Landivisiau.
Jeanne reçoit bien la somme de 1 000 francs. Marie et Jean-Marie, reçoivent, quant à eux, la somme de 377,5 francs chacun.
Merci Noëline. Une famille ordinaire, une vie simple… c’est ce qui fait la richesse de notre métier.